
Depuis juin 2024, Monaco figure sur la « liste grise » du Groupe d’action financière, plus connu sous l’acronyme GAFI. Cette inscription a placé la Principauté sous surveillance renforcée en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Deux ans plus tard, la situation a toutefois considérablement évolué. En juin 2026, le GAFI a estimé, à titre préliminaire, que Monaco avait en grande partie mené à bien le plan d’action qui lui avait été imposé, ouvrant la voie à une visite sur place avant une éventuelle sortie de la liste. En septembre 2026, les autorités monégasques indiquaient toujours préparer cette nouvelle étape du processus.
Le Groupe d’action financière est un organisme intergouvernemental chargé d'établir des standards internationaux destinés à lutter contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.
Sa « liste grise » regroupe officiellement les juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée.
Une inscription sur cette liste ne signifie donc pas qu’un pays est considéré comme facilitant volontairement le blanchiment d’argent. Elle indique que le GAFI a identifié des déficiences stratégiques dans son dispositif et que la juridiction concernée s’est engagée à les corriger selon un plan d’action défini.
L’inscription de Monaco remonte au 28 juin 2024. Elle faisait suite notamment au rapport d’évaluation de MONEYVAL, adopté en décembre 2022, qui avait examiné l’efficacité du dispositif monégasque de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Lors de son inscription, le GAFI reconnaissait déjà plusieurs progrès accomplis par la Principauté, notamment la création d’une nouvelle structure de renseignement et de supervision financière et le renforcement des dispositifs concernant le financement du terrorisme.
Six grands axes devaient néanmoins être améliorés : la compréhension des risques de blanchiment et de fraude fiscale commise à l’étranger, la coopération internationale pour identifier et saisir les avoirs criminels, l’application des sanctions en matière de lutte contre le blanchiment, le renforcement de la cellule de renseignement financier, l’efficacité de la réponse judiciaire et l’augmentation des saisies de biens issus d’activités criminelles.
Le 19 juin 2026 marque une évolution importante.
À l’issue de sa session plénière, le GAFI a considéré à titre préliminaire que Monaco avait en grande partie mené à bien son plan d’action.
L’organisation internationale a notamment reconnu des avancées concernant l’analyse des risques, la coopération avec les autorités étrangères, l’application des sanctions, les moyens de la cellule de renseignement financier, l’efficacité judiciaire et les saisies d’avoirs susceptibles de provenir d’activités criminelles.
Pour autant, Monaco n’a pas immédiatement été retiré de la liste grise.
Le GAFI a estimé qu’une visite sur place était désormais nécessaire afin de vérifier que les réformes ne sont pas seulement inscrites dans les textes, mais qu’elles sont effectivement appliquées et suffisamment pérennes.
En septembre 2026, le Comité monégasque chargé du suivi de la stratégie nationale anti-blanchiment indiquait que cette visite était toujours en préparation. La Principauté reste donc, à ce stade, officiellement sous surveillance renforcée.
Le sujet est particulièrement important pour l’immobilier compte tenu des montants engagés dans les transactions monégasques et de la forte proportion d’acquéreurs internationaux.
L’inscription sur liste grise n’empêche pas un étranger d’acheter un appartement à Monaco. La Principauté n’impose pas de restriction générale d’acquisition en fonction de la nationalité ou du statut de résident. Les conditions applicables aux acquéreurs internationaux sont détaillées dans notre guide acheter à Monaco en tant qu’étranger ou non-résident.
En revanche, les obligations de connaissance du client et de justification de l’origine des fonds prennent une importance accrue.
Dans le cadre du processus d’achat immobilier à Monaco, banques, professionnels concernés et notaires doivent s’assurer de la traçabilité des capitaux mobilisés. Pour les acquisitions importantes, notamment lorsqu'elles impliquent plusieurs juridictions ou des structures patrimoniales complexes, anticiper la constitution du dossier financier devient donc essentiel.
Il est encore trop tôt pour isoler un éventuel impact du classement du GAFI sur les prix immobiliers ou le volume des investissements.
Les dernières données disponibles ne montrent en tout cas pas un arrêt de l’activité immobilière. Le marché reste soutenu par la rareté du foncier, une clientèle internationale et des transactions portant sur des montants particulièrement élevés.
Pour un investisseur, la principale conséquence immédiate se situe davantage du côté de la conformité et de la documentation financière que de l’accès au marché lui-même.
Le classement constitue néanmoins un enjeu important pour l’image de la place financière monégasque, ce qui explique la mobilisation des autorités depuis 2022 pour renforcer le cadre réglementaire et démontrer son efficacité.
Oui. À ce jour, et depuis le 28 juin 2024, Monaco figure toujours parmi les juridictions soumises à une surveillance renforcée du GAFI. En juin 2026, l’organisation a cependant estimé que la Principauté avait largement achevé son plan d’action et a validé le principe d’une visite sur place préalable à une éventuelle sortie.
Le GAFI avait identifié plusieurs insuffisances concernant notamment l’efficacité des sanctions, la coopération internationale, les moyens consacrés au renseignement financier et à la justice, ainsi que les saisies d’avoirs criminels. Monaco s’est engagé à corriger ces points dans le cadre d’un plan d’action.
Le processus est désormais avancé, mais aucune sortie ne peut être considérée comme acquise avant une décision formelle du GAFI. Après avoir estimé en juin 2026 que Monaco avait largement achevé son plan d’action, l’organisation doit procéder à une visite sur place pour vérifier l’effectivité et la pérennité des réformes.
Oui. L’inscription sur liste grise n’interdit pas l’achat immobilier à Monaco et les investisseurs étrangers peuvent toujours acquérir un bien. Les contrôles portant sur l’identité de l’acquéreur et l’origine des fonds peuvent cependant être particulièrement approfondis. Pour préparer une acquisition, consultez notre guide du processus d’achat immobilier à Monaco.

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