Beaucoup de personnes croient qu'il faut déjà être résident monégasque pour pouvoir louer un appartement en Principauté. C'est une idée reçue. Le Gouvernement Princier le précise sur son portail officiel : les appartements du secteur libre peuvent être loués librement, quelle que soit la nationalité du locataire.
La durée du bail et le montant du loyer sont fixés selon la seule volonté du bailleur. Cela signifie qu'un ressortissant étranger, qu'il vive en France, en Italie ou en Asie, peut signer un bail à Monaco. Il peut y séjourner de façon occasionnelle ou régulière et utiliser ce logement comme pied-à-terre sans jamais entreprendre de démarche de résidence.
Louer sans résider, c'est signer un bail, payer son loyer, occuper le logement lors de ses passages à Monaco, et repartir sans avoir demandé de carte de séjour. La Principauté distingue deux situations.
En dessous de trois mois de présence consécutive sur le territoire, aucune démarche n'est requise. On entre et on sort comme tout visiteur.
Au-delà de trois mois consécutifs, une demande de carte de séjour devient obligatoire auprès de la Sûreté Publique. Ce seuil est donc la frontière pratique entre le statut de locataire non résident et celui de résident. Pour une personne qui cherche un appartement à Monaco pour y passer des semaines ou quelques mois par an, tout en conservant sa résidence principale à l'étranger, aucun obstacle administratif ne se dresse. Le bail enregistré suffit à justifier d'un domicile à Monaco lorsque cela est nécessaire, sans pour autant déclencher de procédure de résidence.
Le marché locatif monégasque est divisé en trois secteurs aux règles très différentes. Le portail du Gouvernement Princier les décrit ainsi : il existe le secteur libre, le secteur domanial et le secteur réglementé. Seul le secteur libre est accessible à l'ensemble de la population, sans condition de nationalité ni de durée de résidence. C'est dans ce secteur que se trouvent la grande majorité des appartements de standing, des penthouses et des biens récemment livrés qui alimentent le marché locatif privé. C'est donc le seul secteur pertinent pour un particulier étranger non résident.
Les deux autres secteurs obéissent à des règles d'attribution strictes qui en réservent l'accès à des publics bien définis. Les confondre avec le secteur libre est une erreur fréquente qui peut induire en erreur sur l'accessibilité réelle du marché.
Le secteur domanial regroupe les logements appartenant à l'État monégasque. Leur attribution fait l'objet de procédures gérées par la Direction de l'Habitat. Ces logements sont destinés aux Monégasques et aux résidents prioritaires répondant à des critères définis par ordonnance souveraine.
Un particulier étranger souhaitant louer sans résider ne peut pas accéder à ce secteur. Sa connaissance présente néanmoins un intérêt indirect : certains propriétaires privés désireux d'investir à Monaco comparent les rendements du secteur libre à ceux du secteur domanial. Comprendre cette distinction permet d'éviter toute confusion lors des recherches de biens sur le marché.
Le secteur réglementé comprend deux sous-ensembles. Le premier est gouverné par laloi n° 1.235 du 28 décembre 2000, modifiée. Elle protège les Monégasques, les enfants du pays, les conjoints de Monégasques et les personnes résidant en Principauté depuis quarante ans sans interruption.
Le second sous-ensemble est régi par laloi n° 887 du 25 juin 1970. Elle concerne les immeubles construits avant le 1er septembre 1947 et les appartements qui relèvent de ce secteur sont destinés à être loués à des personnes domiciliées à Monaco depuis au moins cinq ans et y travaillant depuis plus de six mois, ou à des personnes travaillant à Monaco depuis au moins cinq ans. Dans les deux cas, un non-résident fraîchement arrivé ne remplit pas ces conditions. Ces secteurs lui sont fermés.
Avant de visiter un bien ou de constituer un dossier, la première chose à vérifier est le statut juridique de l'appartement convoité. Un bien peut appartenir au secteur libre, au secteur réglementé loi 887 ou au secteur protégé loi 1235. Cette information conditionne entièrement votre éligibilité en tant que locataire non résident. Le Gouvernement Princier met à disposition une démarche officielle pour obtenir cette information :Demander des renseignements relatifs au statut juridique d'un logement.
Vous pouvez également contacter directement la Direction de l'Habitat, dont les coordonnées figurent sur le portail officiel. Cette vérification préalable vous évite de perdre du temps sur un bien auquel vous n'avez pas accès.
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Sur le marché locatif monégasque, c'est la solidité du dossier financier qui détermine l'issue de votre candidature. Pour comprendre l'ensemble du processus étape par étape, consultez notre guide complet sur comment louer un appartement à Monaco.
Le propriétaire ou son mandataire examine votre capacité à assumer des loyers parmi les plus élevés du monde.
Les pièces demandées sont les suivantes :
Pour un locataire ne disposant pas encore de compte bancaire en Principauté, la situation est différente. En l'absence de compte monégasque, le propriétaire peut exiger un prépaiement équivalent à une année de loyer, versé depuis un compte étranger. Ce prépaiement représente une avance de trésorerie substantielle à anticiper dès le début de votre démarche. Ouvrir un compte bancaire à Monaco en amont de toute recherche simplifie l'ensemble de la procédure et supprime cette contrainte.
Une fois le bien trouvé et le dossier accepté, le bail est signé entre les parties. Ce contrat doit obligatoirement être établi par écrit, conformément au Code civil monégasque. Puis vient une étape obligatoire : l'enregistrement du bail auprès de la Direction des Services Fiscaux. Le portail officiel de Monaco l'indique sans ambiguïté : vous devez enregistrer votre bail, sous peine de pénalité, dans un délai de 3 mois après la signature du contrat.
Cet enregistrement a deux conséquences concrètes pour le locataire. D'abord, il donne naissance au droit de bail, une taxe à régler. Ensuite, il génère un document officiel qui constitue votre justificatif de domicile à Monaco, utile pour toute démarche administrative ultérieure. C'est à partir de ce bail enregistré, et seulement si vous le souhaitez, que vous pourrez engager une procédure de résidence.
À Monaco, l'enregistrement du bail donne lieu au paiement d'une taxe appelée le droit de bail. Son calcul est précisé par le Gouvernement Princier : le droit de bail est calculé au taux de 1 % sur le montant des loyers et des charges correspondant à la totalité de la période de location. Vous devez l'acquitter intégralement lors de l'enregistrement de votre contrat de bail.
Ce droit s'applique donc sur l'ensemble des loyers dus sur toute la durée du bail, et non sur un seul mois. Pour un appartement loué 8 000€ par mois sur un bail de trois ans, cela représente un droit de bail de 2 880€ à régler en une fois lors de l'enregistrement. Pour les baux d'une durée supérieure à trois ans, un fractionnement par périodes de trois ans est possible, ce qui allège l'effort initial. Ce droit est distinct des frais d'agence et du dépôt de garantie. Il constitue une charge à intégrer dans votre budget dès la signature.
En plus du droit de bail, deux autres sommes importantes sont à prévoir dès l'entrée dans les lieux. Le dépôt de garantie est équivalent à trois mois de loyer charges comprises. Dans certains cas, notamment pour des appartements meublés ou de standing récent, il peut atteindre quatre mois. Ce dépôt est conservé pendant toute la durée du bail et restitué à la sortie, déduction faite des éventuelles réparations. Par ailleurs, les loyers à Monaco sont réglés par trimestre civil à l'avance.
Pour un locataire sans compte bancaire monégasque lors de la première location, le propriétaire peut demander le prépaiement d'une année complète de loyer. Ce prépaiement est ensuite remboursé ou imputé sur les loyers trimestriels suivants une fois le compte bancaire local ouvert. Au total, l'entrée dans un appartement peut mobiliser une somme équivalente à 15 à 18 mois de loyer, selon les garanties demandées et la durée du bail. Pour le détail de chaque poste de dépense, consultez notre page dédiée aux frais de location à Monaco.
Dans le secteur libre, un bail résidentiel est conclu pour une durée minimale d'un an. Le contrat est établi par écrit et doit mentionner l'identité des parties, la désignation précise du logement, le montant du loyer et les modalités d'indexation annuelle. La loi monégasque encadre le contenu du contrat et les obligations réciproques des parties, notamment en matière d'état des lieux.
Ce document, obligatoire à l'entrée et à la sortie, décrit l'état de chaque pièce et inventorie les équipements fournis. Le bail est ensuite enregistré auprès de la Direction des Services Fiscaux dans les trois mois suivant la signature. Pour tout ce qui concerne la suite du contrat, notre guide sur le renouvellement et la résiliation d'un bail à Monaco vous détaille les règles applicables à l'échéance.
La location de courte durée à Monaco existe mais reste un marché étroit. Elle s'adresse à des personnes souhaitant séjourner pour quelques semaines ou quelques mois, sans signer de bail annuel. L'offre d'appartements meublés disponibles pour ce type de location est inférieure à celle de la longue durée. Les biens concernés sont souvent des appartements de standing proposés par leur propriétaire lors de ses absences, notamment pendant les périodes creuses entre deux grands événements monégasques.
Les tarifs à la semaine ou au mois sont plus élevés qu'en longue durée, reflétant la flexibilité offerte. Ce segment de marché ne fait pas l'objet de statistiques officielles publiées par l'IMSEE, contrairement au marché des ventes et reventes.
Pour accéder à cette offre, le passage par une agence immobilière habilitée à exercer en Principauté reste la voie la plus fiable et la plus sécurisée.
C'est l'un des avantages concrets de la location sans résidence. Un séjour inférieur à trois mois consécutifs sur le territoire monégasque ne génère aucune obligation déclarative vis-à-vis de la Sûreté Publique. Le locataire entre en Principauté comme tout visiteur, occupe son appartement et repart sans avoir à s'enregistrer comme résident. Cette souplesse convient à une clientèle internationale qui utilise Monaco comme base sur la Côte d'Azur, tout en maintenant son centre de vie à l'étranger.
En deçà de ce seuil de trois mois, la distinction entre "locataire" et "résident" est purement administrative. Seule une présence continue au-delà de ce délai oblige à engager une procédure de carte de séjour auprès de la Sûreté Publique. Le bail, lui, reste valide indépendamment de ce seuil.
Avant de signer quoi que ce soit, il est indispensable de connaître le régime juridique exact du bien convoité. Un appartement peut paraître libre alors qu'il relève d'un secteur réglementé. Cette confusion peut entraîner des complications, voire l'annulation du bail si le locataire ne remplit pas les conditions requises.
Le Gouvernement Princier met à disposition des informations pour demander des renseignements relatifs au statut juridique d'un logement. La Direction de l'Habitat, joignable à l'adresse dir.habitat@gouv.mc, peut vous renseigner avant tout engagement. Cette vérification préalable est gratuite, rapide, et vous protège contre toute mauvaise surprise. Elle s'impose à tout candidat locataire sérieux, quelle que soit sa nationalité ou sa situation de résidence.
La sous-estimation des frais à l'entrée est l'erreur la plus courante. Entre le droit de bail calculé sur toute la durée du contrat, le dépôt de garantie de trois à quatre mois, les éventuels loyers prépayés en l'absence de compte monégasque, et les honoraires d'agence encadrés par la Chambre Immobilière Monégasque, la mise de départ peut représenter l'équivalent de douze à dix-huit mois de loyer.
Pour un appartement à 10 000 euros par mois, cela signifie mobiliser entre 120 000 et 180 000 euros avant même d'obtenir les clés. Préparer ces fonds en amont, ouvrir un compte bancaire local dès que possible, et vérifier que vos justificatifs financiers sont complets et à jour sont les trois actions concrètes qui accélèrent votre accès au marché locatif monégasque et renforcent votre dossier face aux propriétaires.
L'enregistrement du bail n'est pas une formalité optionnelle. Vous devez enregistrer votre bail, sous peine de pénalité, dans un délai de 3 mois après la signature du contrat. Ce délai est fixé par le Gouvernement Princier et ne souffre aucune exception. L'enregistrement se fait auprès de la Division de l'Enregistrement et du Timbre de la Direction des Services Fiscaux.
Le droit de bail est réglé au moment de ce dépôt, en espèces, par chèque ou par virement selon les modalités précisées sur le portail officiel. Pour les baux de plus de trois ans, le paiement peut être fractionné par périodes de trois ans, à réception d'un avis de paiement adressé par l'administration. Sans cet enregistrement, le bail ne produit pas tous ses effets légaux et le locataire s'expose à des pénalités. C'est une démarche simple, à ne surtout pas repousser après la signature.
Ce n'est pas obligatoire, mais fortement conseillé. Sans compte monégasque, le propriétaire peut exiger le prépaiement d'une année complète de loyer. Avec un compte local, les loyers sont simplement réglés par trimestre à l'avance, comme pour tout locataire.
Non. Seuls les biens du secteur libre le sont. Les logements soumis à la loi n° 1.235 ou à la loi n° 887 sont réservés aux Monégasques et aux résidents de longue date. Si vous pensez remplir les conditions de la loi 887, notre guide vous explique comment en bénéficier.
Au-delà de trois mois de présence consécutive sur le territoire, une demande de carte de séjour auprès de la Sûreté Publique devient obligatoire. En deçà, aucune formalité n'est requise.
Entre le dépôt de garantie, le droit de bail et les honoraires d'agence, l'entrée dans un appartement peut représenter l'équivalent de douze à dix-huit mois de loyer. Pour un bien à 10 000€ par mois, cela signifie mobiliser entre 120 000 et 180 000€ avant même d'emménager.
Les Moneghetti et le Jardin Exotique affichent les prix au mètre carré les plus bas de la Principauté, respectivement 43 797€ et 45 168€ selon l'Observatoire de l'Immobilier 2025 de l'IMSEE. Ils restent néanmoins bien au-dessus des marchés européens comparables.
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