Certaines personnes imaginent Monaco comme une principauté où l'on ne paie rien. D'autres pensent qu'il s'agit d'un territoire réservé aux ultra-riches. La réalité est à la fois plus avantageuse et plus nuancée qu'on ne le croit. Il n'existe effectivement pas d'impôt sur le revenu pour la grande majorité des résidents, et transmettre son patrimoine à ses enfants n'y coûte pas un euro en droits de succession. Mais Monaco n'est pas une zone de non-droit fiscal, et tout le monde ne bénéficie pas des mêmes avantages selon sa nationalité. Ce guide vous explique tout.
Selon le Gouvernement Princier de Monaco, les résidents de la Principauté ne sont soumis à aucun impôt sur le revenu, qu'il s'agisse de salaires, de dividendes, de plus-values ou d'intérêts. Si vous percevez 500 000€ de revenus d'investissement dans l'année, ces 500 000€ restent dans votre poche sans prélèvement local d'aucune sorte.
Cette exonération s'applique à toutes les nationalités résidentes, hormis deux exceptions majeures détaillées ci-après. La seule condition est que la résidence en Principauté soit effective et réelle.
Si vous êtes ressortissant français, cette section mérite une attention particulière car elle change la donne. La Convention franco-monégasque du 18 mai 1963 stipule que les Français domiciliés à Monaco sont, sauf rares exceptions, considérés comme fiscalement domiciliés en France. Ils restent donc assujettis à l'impôt sur le revenu français sur l'ensemble de leurs revenus mondiaux, et la carte de résident monégasque ne suffit pas à effacer cette obligation.
Seuls y échappent les Français nés en Principauté n'ayant jamais déplacé leur domicile fiscal en France, ainsi que ceux pouvant justifier de cinq ans de résidence à Monaco au 31 octobre 1962, un cas qui concerne aujourd'hui une poignée de personnes. Cela ne signifie pas que Monaco est sans intérêt pour un ressortissant français : comme nous le verrons plus loin, les avantages en matière de succession restent très significatifs. Mais il serait malhonnête de ne pas poser ce point d'emblée.
Les citoyens américains se trouvent dans une situation analogue, bien que pour une raison différente. Les États-Unis appliquent une imposition basée sur la citoyenneté et non sur la résidence, ce qui signifie que peu importe où vous vivez dans le monde, l'administration fiscale américaine continue d'exercer son droit d'imposition sur vos revenus mondiaux. Il n'existe pas d'impôt local monégasque sur vos revenus personnels, mais votre pays d'origine ne lâche pas prise pour autant.
Pour tout résident américain envisageant Monaco, une planification fiscale internationale approfondie avec un spécialiste est indispensable avant toute décision d'installation.
La Principauté ne connaît ni impôt sur la fortune, ni équivalent de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) en vigueur en France. Aucune taxe annuelle ne s'applique à la valeur du patrimoine détenu, qu'il soit immobilier, financier ou mobilier. Un résident qui détient un appartement à Monte-Carlo valorisé à 8 millions d'euros, un portefeuille boursier de 5 millions d'euros et des parts de sociétés étrangères pour 3 millions d'euros supplémentaires n'acquitte pas un euro d'impôt annuel au titre de la simple détention de ce patrimoine.
Sur une génération, l'économie réalisée par rapport à d'autres pays européens est considérable, et contribue à faire de Monaco l'une des destinations patrimoniales les plus prisées au monde.
Si vous êtes français et résidez à Monaco, la convention de 1963 continue de produire ses effets sur ce point également. Vous demeurez soumis à l'IFI français sur vos biens immobiliers situés en France et à l'étranger, et devez déclarer l'ensemble de vos actifs immobiliers selon les règles françaises, indépendamment de votre lieu de résidence effectif.
Les résidents d'autres nationalités, eux, sont totalement exemptés de tout impôt sur la fortune ou l'immobilier, y compris pour des biens détenus hors de Monaco. Cette différence de traitement est un facteur central dans les décisions de restructuration patrimoniale des familles internationales.
Monaco ne perçoit ni taxe foncière ni taxe d'habitation. Que votre bien soit occupé à l'année, utilisé ponctuellement comme résidence secondaire ou mis en location, aucune contribution locale récurrente n'est exigée de votre part. Ce poste de coût inexistant tranche profondément avec le modèle français, où le simple fait de posséder ou d'occuper un bien entraîne des charges annuelles qui peuvent rapidement devenir significatives sur des patrimoines immobiliers élevés.
La TVA immobilière s'applique aux ventes de biens neufs ou achevés depuis moins de cinq ans, à un taux de 20% aligné sur le régime français. Ce qui change tout pour l'acheteur, c'est que cette taxe est due par le vendeur, c'est-à-dire le promoteur, et non par vous. Dans les programmes neufs recensés par l'Observatoire de l'Immobilier 2025 de l'IMSEE, comme Bay House à La Rousse ou le Palais Ninetta aux Moneghetti livrés en 2025, le prix affiché est un prix toutes taxes comprises. Vous n'avez pas à sortir 20% supplémentaires lors de l'acquisition.
Au-delà de cinq ans après l'achèvement, les transactions ne sont plus soumises à TVA et basculent sur le régime des droits de mutation.
Pour les biens anciens ou les reventes, ce sont les droits de mutation qui s'appliquent, à la charge de l'acquéreur. En tant que personne physique ou via une société civile immatriculée à Monaco, les frais d'acquisition totaux atteignent 6,25% du prix du bien, décomposés en 1,5% d'honoraires de notaire et 4,75% de droits d'enregistrement. Pour un bien neuf ou en l'état futur d'achèvement, ces frais se limitent à 2,5% (1,5% de notaire et 1% de droit d'enregistrement).
À cela s'ajoutent les honoraires d'agence, fixés par la Chambre Immobilière Monégasque à 3% hors taxes à la charge de l'acquéreur, ainsi qu'un droit d'inscription hypothécaire de 0,92% en cas de financement par emprunt.
C'est l'un des points les plus méconnus du système monégasque : les plus-values immobilières ne sont pas taxées pour les résidents non français. Si vous avez acquis un appartement au Larvotto pour 4 millions d'euros il y a dix ans et que vous le revendez aujourd'hui à 9 millions d'euros, les 5 millions de gain vous reviennent intégralement, sans imposition d'aucune sorte.
Sur un marché où le prix moyen au mètre carré dépasse 57 569 euros et atteint 71 167 euros au Larvotto selon l'Observatoire de l'Immobilier 2025 de l'IMSEE, les plus-values potentielles sont substantielles. Ne pas les taxer représente un avantage patrimonial considérable sur la durée.
À Monaco, les droits de succession et de donation ne s'appliquent qu'aux biens situés sur le territoire de la Principauté, quels que soient le domicile, la résidence ou la nationalité du défunt ou du donateur. Si vous résidez à Monaco mais détenez des actions cotées à l'étranger, un appartement en Italie ou des liquidités sur un compte suisse, ces actifs n'entrent pas dans l'assiette des droits monégasques. Seuls les biens dont l'assiette se trouve en Principauté sont concernés.
Ce principe territorial offre une latitude réelle dans la structuration d'un patrimoine en vue de sa transmission.
Les chiffres sont souvent ceux qui font ouvrir les yeux. En ligne directe, c'est-à-dire entre parents et enfants ou entre époux, les droits de succession et de donation sont de 0% selon leGouvernement Princier de Monaco. Un appartement monégasque transmis à un enfant ne génère donc aucun frais fiscal, quelle que soit sa valeur. Entre frères et sœurs, le taux s'établit à 8%, entre oncles ou tantes et neveux ou nièces il atteint 10%, et entre personnes sans lien de parenté il culmine à 16%.
Pour apprécier ce que cela représente concrètement, retenez simplement que sur un patrimoine immobilier de 10 millions d'euros transmis à un enfant à Monaco, les droits dus sont nuls, là où d'autres pays européens prévoient des barèmes progressifs pouvant atteindre des niveaux très élevés sur les grandes fortunes.
Pour les successions impliquant des ressortissants français, la Convention bilatérale du 1er avril 1950 répartit le droit d'imposition selon la localisation géographique des biens. Ceux situés à Monaco relèvent du droit monégasque, ceux situés en France relèvent du droit français. Une famille franco-monégasque peut ainsi anticiper la localisation de ses actifs immobiliers pour orienter la fiscalité successorale applicable.
Par ailleurs, la loi monégasque n° 1.448 du 28 juin 2017 permet aux résidents de choisir, par testament, la loi successorale de leur pays de nationalité pour régir la transmission de leur patrimoine. Ces deux outils méritent d'être mis en perspective avec un notaire monégasque dans le cadre d'une planification successorale sur mesure.
plusieurs dizaines de millions d'euros, ne confère pas automatiquement la résidence. Il n'existe pas de programme de type Golden Visa en Principauté, et chaque demandeur doit remplir des conditions précises pour obtenir la résidence monégasque. Il faut démontrer des ressources financières suffisantes pour vivre sans activité professionnelle sur le territoire, ou justifier d'un emploi auprès d'un employeur basé en Principauté, ou encore prouver une activité commerciale reconnue localement. La lettre de recommandation d'un établissement bancaire local constitue un élément déterminant du dossier.
Une fois la résidence administrative obtenue, le certificat de résidence fiscale peut être sollicité environ un an après votre installation effective. C'est ce document qui atteste formellement de votre non-assujettissement à l'impôt dans votre pays d'origine.
C'est ici que certains commettent des erreurs coûteuses. Une résidence monégasque purement formelle, sans présence physique réelle et régulière, ne résiste pas à un contrôle sérieux des autorités fiscales du pays d'origine. Les éléments qui matérialisent une résidence principale reconnue sont bien concrets : une domiciliation bancaire locale active, un contrat de bail ou un titre de propriété, des preuves de présence régulière sur le territoire et une cohérence globale entre le lieu de résidence déclaré et la vie quotidienne réelle.
Sans cette rigueur, vous vous exposez à un redressement fiscal dans votre pays d'origine pour domiciliation fictive, une procédure longue et coûteuse. Monaco protège ceux qui jouent le jeu d'une installation authentique, pas ceux qui cherchent à en simuler les apparences.
Il y a quinze ans, Monaco portait encore l'étiquette de paradis fiscal opaque. Ce temps est bel et bien révolu. La Principauté a mis en œuvre l'échange automatique d'informations fiscales selon les standards de l'OCDE, signé des accords de transparence avec de nombreux États partenaires, et s'est conformée aux exigences du GAFI en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. En pratique, les informations bancaires et patrimoniales des résidents peuvent être communiquées aux administrations fiscales étrangères qui en font la demande.
Les avantages fiscaux du régime monégasque sont légitimes, durables et défendables, et c'est parce qu'ils s'inscrivent dans un cadre transparent et coopératif qu'ils perdurent sans remise en cause.
La force du modèle monégasque, celle qu'aucun tableau comparatif ne peut pleinement capturer, c'est sa stabilité dans le temps. L'absence d'impôt sur le revenu, sur la fortune, sur les plus-values et sur les biens immobiliers n'a pas été remise en cause depuis 1869. Aucune loi de finances annuelle, aucun retournement politique ne vient menacer ces principes fondateurs.
Pour un investisseur ou une famille soucieuse de bâtir et de transmettre un patrimoine sur plusieurs générations, cette prévisibilité vaut autant que les chiffres eux-mêmes. Planifier à Monaco, c'est planifier sur un socle que le temps a déjà largement éprouvé.
C'est exact pour la grande majorité des résidents. La Principauté ne prélève aucun impôt sur les salaires, les dividendes, les intérêts ou les plus-values des personnes physiques domiciliées sur son territoire. Il existe cependant deux exceptions importantes : les ressortissants français, qui restent imposables en France en vertu de la Convention de 1963, et les citoyens américains, soumis à l'impôt américain en raison du principe d'imposition basé sur la citoyenneté. Pour tous les autres, l'exonération est totale dès lors que la résidence est effective.
Oui, et ils sont significatifs. Même si la Convention franco-monégasque de 1963 soumet les Français résidant à Monaco à l'impôt sur le revenu français, d'autres avantages restent accessibles. Les droits de succession sur les biens situés à Monaco sont de 0% en ligne directe. Les résidents français ne paient par ailleurs ni taxe foncière ni taxe d'habitation sur leurs biens monégasques. Il est également possible d'acquérir via une société civile monégasque pour optimiser la structuration patrimoniale.
Non. Il est tout à fait possible de louer un logement à Monaco et d'obtenir la carte de résident sur cette base. L'essentiel est de justifier d'un domicile stable sur le territoire, que ce soit en tant que locataire ou propriétaire. Ce qui compte pour les autorités, c'est la réalité de votre installation : un bail en bonne et due forme, une présence régulière et une vie quotidienne ancrée en Principauté sont des éléments tout aussi recevables qu'un titre de propriété.
Il n'existe pas de durée minimale de présence fixée en nombre de jours, contrairement à certains pays. Ce qui prime, c'est la réalité du centre de vie : où vous habitez, où vous avez votre compte bancaire principal, où se déroule votre vie professionnelle et familiale. En pratique, le certificat de résidence fiscale peut être obtenu environ un an après votre installation effective. C'est ce document qui vous permettra de justifier auprès des autorités de votre pays d'origine que votre domicile fiscal se trouve désormais à Monaco.
Oui. Les plus-values immobilières réalisées sur des biens situés en France restent imposables en France, indépendamment de votre lieu de résidence. Le droit d'imposition suit la localisation du bien, pas celle du vendeur. En revanche, les plus-values réalisées sur des biens situés à Monaco ne sont soumises à aucune imposition pour les résidents non français, ce qui constitue l'un des attraits majeurs du marché immobilier monégasque sur le long terme.
Non, et cette étiquette ne correspond plus à la réalité du cadre monégasque actuel. La Principauté a intégré les standards internationaux de transparence fiscale, notamment l'échange automatique d'informations avec les administrations étrangères dans le cadre des conventions de l'OCDE. Les avantages fiscaux de Monaco sont légaux, encadrés par des conventions bilatérales et accessibles à toute personne qui s'y installe réellement. Ce n'est pas un montage d'optimisation opaque : c'est un régime fiscal souverain, stable et reconnu par la communauté internationale.
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